Saison 2009–2010
Contenu :
Une pièce qui, à sa création en 1896, a provoqué un des plus formidables tumultes que le théâtre ait jamais fait naître, qui a gardé un siècle plus tard son incroyable pouvoir de dérision, de provocation et de libération.
Une pièce assiégée par les lecteurs de tous niveaux : collégiens, lycéens, étudiants, universitaires et cependant moins souvent vue que lue. Jarry devient moins facilement une cible de la mode que Feydeau ou Labiche.
Une pièce qui déjoue les attentes et qui entraîne le spectateur vers des gouffres où se côtoient la sottise, la lâcheté, la cruauté, la rapacité, sans cesser d’ être comique.
Une pièce habitée de personnages monstrueux, de fantoches improbables, dont on est surpris de retrouver les faits et gestes, à défaut des mots, au coin de notre rue ou de notre écran, quand ce n’est devant notre miroir.
Synopsis :
Le Père Ubu, « officier de confiance » du roi de Pologne Venceslas, est convaincu par sa femme de conspirer pour renverser son souverain. Lors d’une revue des troupes, avec le concours du capitaine Bordure et de ses partisans, il fait assassiner Venceslas. Un des fils du roi, Bougrelas, échappe au massacre et jure de se venger.
Parvenu au pouvoir, le Père Ubu élimine les nobles, les magistrats, les financiers en les passant à la trappe, pour s’emparer de leurs richesses et de celles du royaume. Il va en personne rançonner les paysans et massacre ceux qui résistent. La révolte éclate. Bordure, qu’il a fait jeter en prison, s’évade et rejoint le czar Alexis en l’incitant à envahir la Pologne et rétablir Bougrelas . Le Père Ubu est poussé par sa femme et ses conseillers à partir en guerre.
La Mère Ubu essaye de s’emparer du trésor des rois de Pologne mais est chassée par la révolte menée par Bougrelas. Le Père Ubu, qui s’est enfoncé en Ukraine, livre aux Russes une bataille burlesque et épique où il est battu à plates coutures. Il se réfugie dans une caverne qu’il doit disputer à un ours.
La Mère Ubu arrive à son tour dans la caverne et la scène de ménage n’est interrompue que par l’arrivée menaçante de Bougrelas. Le renfort inespéré de quelques-uns de leurs sbires leur permet in extremis de s’échapper. Ils embarquent tous deux pour la France où le Père Ubu envisage de se faire « nommer Maître des Finances ».
Interprètes :
Après avoir abordé le répertoire classique dans son spectacle consacré à Molière et à Tabarin (11 représentations en salle et en plein air, à la ville et à la campagne, 1200 spectateurs), la troupe a renouvelé son effectif, le temps d’une création intermédiaire « L’impromptu de Flacé » donné en 2008, et décidé de rejoindre une figure légendaire du théâtre, le Père Ubu, et son univers extravagant. Un nouveau projet d’envergure pour des amateurs en quête d’aventures théâtrales exigeantes.
La dizaine de comédiens qui se partagent les rôles quatre fois plus nombreux de la pièce sont des adultes actifs ou retraités de Mâcon et de communes environnantes. Les plus anciens membres de la troupe ont commencé le parcours il y a 6 ans, d’autres nous rejoignent pour ce spectacle : l’ouverture sans a priori est une règle de vie de la troupe.
Modalités de création :
Le spectacle à venir a été mis en chantier en octobre 2008. La distribution définitive s’est construite progressivement au fil des rencontres, des essais et des disponibilités.
Les répétitions hebdomadaires, de 2 heures, ont pour cadre la Maison des Jeunes de Flacé, mise à la disposition de la troupe par la MJC Héritan de Mâcon. Quand la salle n’est pas disponible, nous déménageons vers d’autres espaces, offerts par la Mairie ou par la MJC. Des journées de répétition, elles aussi sujettes à des changements de lieu, ont permis de marquer les grandes étapes du travail, avec l’intervention progressive des musiciens, de la conceptrice des costumes et du créateur des éclairages
Les accessoires et le mobilier de scène sont fabriqués ou recherchés au gré des occasions ou du besoin de leur présence.
Dès le départ et compte tenu de l’expérience précédemment conduite avec le spectacle Molière-Tabarin et de l’investissement de chacun dans cette réalisation, nous avons prévu de jouer la pièce plus de 10 fois. Les représentations en ville (Mâcon et périphérie, Cluny) alterneront avec celles données dans les communes rurales du Mâconnais.
Partenaires :
Les Bibliambules sont heureux, cette fois encore, d’avoir pu s’entourer de partenaires artistiques et associatifs qui ont su apporter leur couleur à cette entreprise :
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les musiciens groupés autour de Jacques Chevalier qui ont formé le Grand Orchestre du Petit Chêne, déjà acteur remarqué de plusieurs spectacles théâtraux dont « Chapeaux de paille et bottes de foin », devenu dans la circonstance présente « Grand Orchestre de la Chandelle verte». Ils accompagneront et rythmeront l’action d’un bout à l’autre de la pièce.
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la costumière Anne-Marie Dégut qui a accepté de guider la troupe dans les choix relatifs aux costumes et aux accessoires. Pour la confection, les Bibliambules bénéficient à nouveau de l’aide apportée par des bénévoles de la Buissonnière.
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le spectacle sera accueilli par des associations partenaires (le foyer rural de Cortambert et les amis donzirons de Donzy-le-pertuis, le foyer rural de Saint Gengoux de Scissé, « Villages en vie » à Fuissé, la MJC Lhéritan et l’Académie à Mâcon).
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le Collège Bréart de Mâcon nous ouvre ses portes pour une représentation destinée aux scolaires.
Un éclairage sur l’œuvre, son auteur et le contexte de sa création pourra être apporté par une collaboration avec la Médiathèque de Mâcon, partenaire des Bibliambules dans les éditions successives de « Mots de passe ». Une conférence donnée par un spécialiste de Jarry est à l’étude.
Objectifs :
Une fois encore il s’ agit de créer la rencontre d’une œuvre découverte et travaillée avec passion par une équipe théâtrale et des publics dans leur diversité (spectateurs urbains fréquentant des lieux dévolus ou non au théâtre, habitants de communes rurales ouvertes aux fêtes de tous ordres, y compris celles des mots, du jeu et du spectacle vivant) mais aussi dans l’égale disponibilité de chacun à entendre ce qui s’adresse à tous.
Retrouver la proximité sans rituel des spectateurs et des comédiens ou musiciens : certaines représentations seront données en plein air, d’autres dans des salles des fêtes.
Faire résonner à sa juste hauteur cette salve théâtrale tirée il y a plus de cent ans contre la grossièreté, la brutalité, la bêtise, l’égoïsme des appétits de pouvoir, d’argent et de conquête, d’une croissance sans borne ni humanité. Dans une époque de divertissement consensuel et anesthésiant, le rire de résistance devient une arme salutaire.
Nous sommes heureux d’apporter, par ce spectacle, l’occasion de rencontrer cette œuvre et ses personnages mythiques, et de contribuer à notre mesure au partage de plaisir et de culture.